WordPress a franchi un pas : depuis la version 7, l’IA n’est plus l’affaire de plugins exotiques, elle est intégrée au cœur du système. Connecteurs vers les grands modèles, génération d’images, assistance à la rédaction — le tout administrable depuis votre tableau de bord.
Mais entre le battage médiatique et ce qui sert vraiment un site professionnel, il y a un fossé. Cette chronique fait le tri : ce que WordPress ouvre concrètement, les cas d’usage qui font gagner du temps, et un pas-à-pas pour tester l’IA sur votre site gratuitement, sans engagement.
Ce que WordPress ouvre aujourd’hui côté IA#
Depuis la version 7, WordPress embarque des connecteurs IA natifs : un plugin par fournisseur — OpenAI, Anthropic, Ollama, Gemini… — que l’on installe comme n’importe quelle extension. Le principe est toujours le même : vous créez un compte chez le fournisseur, vous récupérez une clé API, vous la collez dans le connecteur, puis vous sélectionnez les modèles à utiliser. Les fonctions IA apparaissent alors dans l’éditeur Gutenberg et dans les réglages du site.
Pas de réglage technique infernal, pas de serveur à gérer : WordPress a voulu rendre l’IA accessible aux non-développeurs, et c’est plutôt réussi.
L’aparté génération d’images. WordPress a aussi intégré la génération d’images, ajoutée en même temps que les connecteurs. Séduisant sur le papier — mais il n’est pas encore possible d’écrire un prompt système, un « prompt design », pour orienter la direction artistique des images produites. L’IA génère donc à sa sauce, en fonction du contenu de l’article. Je déconseille la génération automatique d’images à la une : tant qu’on ne peut pas cadrer une direction artistique cohérente, le résultat fera tache dans une grille d’articles soignée.
Trois cas d’usage réellement rentables#
Toutes les fonctions IA ne se valent pas. Pour un site professionnel, trois usages tiennent la promesse :
1. La génération de méta-descriptions. C’est le levier SEO le plus rentable : Google tronque au-delà d’environ 160 caractères, et résumer un article de 800 mots en une phrase accrocheuse de la bonne longueur, c’est exactement ce que l’IA fait bien. Elle lit l’article, propose la description, vous relisez et validez.
[Visuel à venir : capture de la génération d’une méta-description dans l’éditeur WordPress]
2. La rédaction des extraits d’articles. L’extrait alimente les archives, la recherche et les partages sociaux. Rédigé à la main, c’est une corvée qu’on repousse ; généré depuis l’article, c’est réglé en deux clics.
3. La reformulation dans l’éditeur Gutenberg. Raccourcir, clarifier, décliner un paragraphe pour le SEO — sans quitter l’éditeur, sans copier-coller dans un autre outil.
Ces trois usages partagent un secret : l’IA ne part pas de zéro, elle travaille à partir du contenu source de l’article. Plus votre article est riche et bien écrit, meilleur est le résultat. Ce n’est pas de la génération magique, c’est de l’extrapolation de qualité.
Tester gratuitement : le pas-à-pas Ollama#
Pour tester, je recommande Ollama : pour un usage de test, la version gratuite est amplement suffisante. Quatre étapes :
- Installez le plugin connecteur Ollama depuis les fonctionnalités IA de WordPress.
- Créez un compte Ollama et récupérez votre clé API.
- Connectez cette clé dans le connecteur Ollama, dans l’administration de WordPress.
- Sélectionnez les modèles Ollama à activer, depuis WordPress.
[Visuel à venir : capture du connecteur Ollama avec la clé API renseignée et la liste des modèles]
Une précision pour les novices : chaque aller-retour avec une IA consomme des jetons (tokens, en anglais). Une image qui parle : un jeton, c’est en gros trois quarts de mot — le texte que vous envoyez et la réponse que vous recevez en consomment chacun leur part. Pour des tests, restez sur des modèles légers : ils consomment peu et répondent vite.
| Modèle | Poids | Idéal pour | Consommation |
|---|---|---|---|
| llama3.2 | 3B | reformulation, méta-descriptions | Très basse |
| gemma2 | 2B | réponses rapides, extraits courts | Très basse |
| qwen2.5 | 3B | multilingue, reformulation | Basse |
| mistral | 7B | textes plus longs, extraits détaillés | Basse |
Les quotas du compte gratuit évoluent : vérifiez les limites du moment dans votre tableau de bord Ollama. Piste à creuser si vous voulez prolonger les tests : NVIDIA propose lui aussi un accès API gratuit — le connecteur WordPress reste à confirmer, je le testerai et je compléterai cette chronique le cas échéant.
Limites, coûts et garde-fous#
Côté budget, un usage de test ne coûte quasiment rien : la version gratuite d’Ollama couvre largement les trois cas d’usage ci-dessus. La facture n’arrive que si vous industrialisez — et à ce stade, vous saurez déjà ce que ça vous rapporte.
Côté garde-fous, trois réflexes :
- La qualité du contenu source d’abord. L’IA extrapole l’existant : un contenu de base médiocre produira des méta-descriptions et des extraits tout aussi médiocres. Soignez vos articles, l’IA fera le reste.
- La relecture humaine reste obligatoire. Jamais de texte généré publié sans passage de contrôle : l’IA propose, vous décidez.
- La transparence. La réglementation européenne encadre les contenus générés par IA. Plutôt que d’étiqueter chaque texte, je recommande une mention globale dans les mentions légales du site, informant que certains contenus et méta-descriptions sont partiellement générés par IA. Pas de contournement — juste une information claire, au bon endroit, sans alourdir chaque page.
Et quand dire non ? Deux cas de figure. D’abord, les sites en cours de construction : si les contenus ne sont pas figés, l’IA n’a rien de solide à extrapoler — elle reste alors une simple aide à la rédaction, pas une génératrice. Ensuite, les pages hautement stratégiques — offre, vente, argumentaire — où la précision maîtrisée des mots-clés exige une rédaction humaine, écrite au mot près.
Pour aller plus loin#
Cette chronique reste volontairement basique : l’objectif était de faire tourner en conditions réelles les fonctionnalités IA de WordPress 7. Connecter son site intégralement avec une IA — contexte, agents, outils — c’est un autre niveau, à base de connecteurs type MCP : ce sera l’objet d’une prochaine chronique. En attendant, si l’automatisation sans code vous intrigue, lisez Découvrez n8n, un automate.
Et si vous voyez le potentiel mais pas le temps de le déployer proprement sur votre site, c’est exactement le genre de chantier que je prends en main — mes services.